Pensée du 28 avril 17

    « Nul ne peut se dire impartial ou prudent observateur de la nature humaine, qui ne se place sur le terrain avantageux de ce que nous appellerons la pauvreté volontaire. D’une vie de luxe, le fruit est la luxure, qu’il s’agisse d’agriculture, de commerce, de littérature ou d’art. Il y a de nos jours des professeurs de philosophie, mais pas de philosophes. Encore est-il admirable de professer pour quoi il fut jadis admirable de vivre. Etre philosophe ne consiste pas simplement à avoir de subtiles pensées, ni même à fonder une école, mais à chérir assez la sagesse pour mener une vie conforme à ses préceptes, une vie de simplicité, d’indépendance, de magnanimité, et de confiance. Cela consiste à résoudre quelques uns des problèmes de la vie, non pas en théorie seulement, mais en pratique. Le succès des grands savants et penseurs, en général, est un succès de courtisan, ni royal, ni viril. Ils s’accommodent de vivre tout bonnement selon la règle commune, presque comme faisaient leurs pères, et ne se montrent en nul sens les procréateurs d’une plus noble race ».

Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, Gallimard, p. 18.

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