Pensée du 21 avril 17

« Telle est l’argumentation favorite des postmodernistes : ce qu’un individu considère comme vrai est soit le reflet de son point de vue individuel, soit le résultat imposé par un ensemble de pressions sociales complexes et inévitables. Cette vision des choses m’apparaît non seulement spécieuse, mais aussi bornée. Les postmodernistes ont beau protester, il demeure qu’un ingénieur ou un architecte doivent obligatoirement s’efforcer de tendre à l’objectivité – et qu’il leur arrive de l’atteindre. De nombreux membres de ces professions démontrent une extrême compétence dans l’estimation, d’une part, des obstacles inhérents à la réalisation de leurs projets, d’autre part, des moyens de les surmonter. Les prises de mesures minutieuses, si cruciales dans leurs usines et sur leurs chantiers, sont à l’évidence incompatibles avec les variations d’humeur et les rêveries qu’impliquerait un lien prétendu avec un point du vue individuel ; il est tout aussi absurde d’envisager’ une soumission aux exigences souvent arbitraires et hors de propos des règles et des tabous sociaux. La précision des mesures est nécessaire, mais pas suffisante : elles doivent être stables et exactes, quelles que soient les conditions de travail et le point de vue de celui qui les relève[…] Les mêmes principes s’appliquent évidemment à la médecine… » 

H. G. FRANKFURT, De la vérité

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