Pensée du 10 avril 17

« L’entendement ne manque pas de raisons extérieures pour justifier les peines, comme faire peur afin de protéger les biens et les personnes, et chercher la plus grande utilité par le moindre mal. Mais ces raisons ne justifient point la peine ; au contraire elles effacent toute justice, et même tout devoir réel. L’individu qui s’en contente se place lui-même, parce qu’il ne sait point sa pensée, réellement hors de l’État, quoiqu’il ne puisse échapper à l’État. Or, ce n’est pas ainsi qu’il tient à l’État. Le droit est bien autre chose qu’une convention ; le droit c’est la substance même de l’individu pensant et libre ; l’atteinte au droit est une atteinte à sa pensée ; et de sa propre part l’atteinte au droit est une profonde et radicale négation de lui-même, négation qui devient réelle par la peine, que ce soit prison, exil ou mort. Ainsi la peine accomplit la volonté du coupable. Et la justice est bien une exigence du plus haut de l’homme, et non pas seulement du plus bas de l’homme. En vérité, la peine est due au coupable ; et si on ne daigne pas le punir, c’est alors qu’on ne l’honore point comme on doit ; c’est alors qu’on ne le traite pas en homme ; aussi dit-on bien qu’il mérite la peine. »

Friedrich Hegel, in Les Passions & la Sagesse, éd. La Pléiade, pp. 1041-1042.

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