Pensée du 16 novembre 16

« Nous savons au moyen de l’intelligence que ce que l’intelligence n’appréhende pas est plus réel que ce qu’elle appréhende. Dans le domaine de l’intelligence, la vertu d’humilité n’est pas autre chose que le pouvoir d’attention. Il n’y a rien de plus proche de la véritable humilité que l’intelligence. Il est impossible d’être fier de son intelligence au moment où on l’exerce réellement. Et quand on l’exerce on n’y est pas attaché. Car on sait que, deviendrait-on idiot l’instant suivant, et pour le reste de la vie, la vérité continue à être. «Seulement l’intelligence doit reconnaître par les moyens qui lui sont propres, c’est-à-dire la constatation et la démonstration, la prééminence de l’amour. Elle ne doit se soumettre qu’en sachant pourquoi, et d’une manière parfaitement précise et claire. Sans cela, sa soumission est une erreur, et ce à quoi elle se soumet, malgré l’étiquette, est autre chose que l’amour surnaturel. C’est par exemple l’influence sociale. Le rôle privilégié de l’intelligence dans le véritable amour vient de ce que la nature de l’intelligence consiste en ce qu’elle est une chose qui s’efface du fait même qu’elle s’exerce. Je peux faire effort pour aller aux vérités, mais quand elle sont là, elles sont et je n’y suis pour rien.»

Simone WEIL, La pesanteur et la grâce.

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