Pensée du 14 novembre 16

« C’est ce qui arrive lorsque nous apercevons une personne connue de nous, ou que nous pensons à elle sans pouvoir nous rappeler son nom. Nous la cherchons et si un autre nom que le vrai nous vient à l’esprit, il ne s’associe pas à l’idée de la personne, car nous n’avons pas l’habitude de le penser en même temps qu’elle; aussi nous l’écartons jusqu’à ce qu’en survienne un qui obtienne l’adhésion totale de notre représentation coutumière de la personne. Mais d’où vient ce nom, si ce n’est de la mémoire elle-même? Il en vient aussi, lorsque quelqu’un nous le rappelle et que nous reconnaissons. Car nous ne l’admettons pas comme une connaissance nouvelle, mais nous nous en souvenons et convenons que c’est bien celui qu’on nous dit. S’il était tout à fait aboli dans notre conscience, on nous le rappellerait vainement. Nous n’avons pas encore totalement oublié ce que nous nous souvenons d’avoir oublié. Nous ne pourrons pas rechercher un souvenir perdu si l’oubli en était absolu ».

 Saint Augustin, Confessions, livre X, G.F. p. 223.

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