Pensée du 03 novembre 16

« La tradition philosophique, l’histoire de la philosophie, n’est pas la transmission d’un espace de manifestation de la vérité. Cet espace, chaque philosophe doit l’inventer dans l’engagement historique qui est le sien. L’histoire de la philosophie relève plutôt du témoignage. Elle raconte comme une nostalgie ; c’est l’histoire d’une vieille blessure ouverte dans les plénitudes immobiles de l’existence humaine. D’une certaine manière, on peut dire que cette histoire ouvre un espace et un lieu où la philosophie se met à exister. Mais ce lieu est un lieu impossible. La vérité qui s’y révèle en est toujours absente et la philosophe n’est jamais le sujet de cette révélation, mais bien plutôt l’objet, le patient. Comme si la vérité, pour se manifester à l’homme, devait le faire par effraction, dans le creusement de sa vie. Dès lors, la pensée philosophique se déploie littéralement dans le vide, elle est littéralement atopique. »

 

Yves CATTIN, « La théologie et l’exil de la parole

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