Pensée du 26 octobre 16

« Lorsqu’un philosophe se met à parler de la théologie et des théologiens, c’est presque toujours avec une secrète nostalgie, comme s’il parlait d’un impossible rêve ou d’une inavouable tentation. En effet, le rapport que le théologien est supposé entretenir avec la vérité apparaît au philosophe comme le bonheur impossible de l’immédiateté, dans la lumière d’une révélation accomplie de la vérité du monde. Et dans cette sorte d’inquiétude nocturne où se tient la philosophie, dans l’ombre portée du doute, la vérité théologique a toujours été pour beaucoup de philosophes et reste pour quelques-uns, comme une sorte de point de fuite, un lieu d’achèvement et de plénitude.  Mais ce lieu est aussi un lieu d’anéantissement de la philosophie et de renoncement du philosophe à lui-même dans la fréquentation du vrai. Car il s’agit de cela : le théologien semble fréquenter le vrai, il semble avoir avec la vérité une familiarité telle que le philosophe ne peut que l’envier, lui qui vit des rapports difficiles avec la vérité, dans l’horizon vide d’un absolu toujours absent. »

Yves CATTIN, « La théologie et l’exil de la parole ».

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