Pensée du 21 octobre 16

« Entre les sophistes et Socrate, où est la différence ? Si, pour ce dernier, les mots nous résistent, c’est en raison de leur participation aux idées qui les rend « symphoniques ». L’idée est l’âme du mot. Quand nos propos sont inattention à l’Idée, quand elle s’absente des mots que nous proférons, notre langage se défait, il se décompose comme un cadavre. Pour Socrate le langage est le médiateur de la vérité. Les sophistes au contraire livrent la vérité en pâture au langage. De l’idée philosophiquement indéniable qu’il n’est de vérité que d’un dire, ils tirent la conclusion que tout ce qu’on dit ne peut être que vrai. Le langage fait la vérité : il n’y a pas à se subordonner à elle. C’est lui qui parle et non la vérité. La vérité du langage exclut qu’il y ait un langage de la vérité. Dès lors on peut dire n’importe quoi et être doué de parole est bien être capable de tout. Sur l’affirmation de l’indépendance par rapport au réel d’un langage producteur de sa propre vérité se fonde le programme de l’homme « mesure de toutes choses ».

Hubert Grenier, La Connaissance philosophique, p. 87.

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