Pensée du 15 octobre 16

« […] La raison est à l’égard du philosophe, ce que la grâce est à l’égard du chrétien. La grâce détermine le chrétien à agir; la raison détermine le philosophe. Les autres hommes sont emportés par leurs passions, sans que les actions qu’ils font soient précédées de la réflexion : ce sont des hommes qui marchent dans les ténèbres ; au lieu que le philosophe dans ses passions mêmes, n’agit qu’après réflexion ; il marche la nuit, mais il est précédé d’un flambeau.[…] La vérité n’est pas pour le philosophe une maîtresse qui corrompe son imagination, […] Il ne la confond point avec la vraisemblance ; il prend pour vrai ce qui est vrai, pour faux ce qui est faux, pour douteux ce qui est douteux, et pour vraisemblable ce qui n’est que vraisemblable. Il fait plus, et c’est une grande perfection du philosophe, c’est que lorsqu’il n’a point de motif propre pour juger, il sait demeurer indéterminé. »

Denis Diderot, Article « Philosophe » dans Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et métiers, tome 12, 1765.

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