Pensée du 14 octobre 16

« Il n’y a rien qui coûte moins à acquérir aujourd’hui que le nom de philosophe : une vie obscure et retirée, quelques dehors de sagesse, avec un peu de lecture, suffisent pour attirer ce nom à des personnes qui s’en honorent sans le mériter. D’autres en qui la liberté de penser tient lieu de raisonnement, se regardent comme les seuls véritables philosophes, parce qu’ils ont osé renverser les bornes sacrées posées par la religion, […] Fiers de s’être défaits des préjugés de l’éducation, en matière de religion, ils regardent avec mépris les autres comme des âmes faibles, […] qui n’osant sortir un instant du cercle des vérités établies, ni marcher dans des routes nouvelles, s’endorment sous le joug de la superstition. Mais on doit avoir une idée plus juste du philosophe et voici le caractère que nous lui donnons. Les autres hommes sont déterminés à agir sans sentir, ni connaître les causes qui le font mouvoir, sans même songer qu’il y en ait. Le philosophe au contraire, démêle les causes autant qu’il est en lui, et souvent même les prévient, et se livre à elles avec connaissance; c’est une horloge qui se monte, pour ainsi dire, quelques fois elle-même. »

Denis Diderot, Article « Philosophe » dans Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et métiers, tome 12, 1765.

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