Pensée du 25 septembre 16

« On attend de la biomédecine qu’elle prépare l’avenir, le construise, parfois repousse ses limites, substitue la maîtrise du cours des choses à la fatalité subie, remplace par une détermination rationnelle et volontaire la trop grande incertitude de l’espoir. Bref, la médecine contemporaine est appréhendée dans son rapport avec le destin de l’humanité. Si l’on entend par destin « la puissance mystérieuse qui règlerait de façon irrévocable la vie des hommes et le cours des événements », représentation commune spontanée du destin qui le fait proche d’une fatalité dont on rêve de déceler le secret, et dont on porte le projet de pouvoir s’en rendre maître, il y a un double enjeu dans l’attente à l’égard de la médecine. D’une part, on attend d’elle qu’elle perce le secret de la réalité matérielle en laquelle résideraient les clés de la fatalité biologique (c’est, par exemple, une partie des représentations des clés génétiques de l’existence, du vieillissement…). D’autre part, on la requiert volontiers pour acquérir une maîtrise de cette fatalité. Nous faisons l’hypothèse que c’est parce que la médecine contemporaine est investie de ce « pouvoir sur le destin de l’humanité » que la nécessité de la démarche bioéthique se fait pressante. »

Bruno CADORE op, « Qu’est-ce que la bioéthique ? », août 2009.

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