Pensée du 18 septembre 16

« C’est un fait évident que la moralité d’une société, prise dans sa totalité, est inversement proportionnelle à sa masse, car plus grand est le nombre des individus qui se rassemblent, plus les facteurs individuels sont effacés et, du même coup, aussi la moralité, qui repose entièrement sur le sentiment éthique de chacun et, par le fait même, sur la liberté de l’individu, indispensable à son exercice. C’est pourquoi tout individu, en tant que membre d’une société, est inconsciemment plus mauvais, dans un certain sens, qu’il ne l’est en tant qu’unité pleinement responsable. Car fondu dans la société, il est en une certaine mesure libéré de sa responsabilité individuelle. Ceci explique qu’un groupe important qui serait composé d’hommes excellents, équivaudrait en tout point, pour ce qui est de la moralité et de l’intelligence, à une espèce de gros monstre, balourd, obtus, impulsif et sans discernement. Plus une organisation est monumentale et plus son immoralité et sa bêtise aveugle sont inévitables (Senatus bestia, senatores boni viri : les sénateurs sont des hommes bons et le Sénat est une bête cruelle). »

Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l’Inconscient, Folio, p. 74-75.

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