Pensée du 12 septembre 16

« On entend ordinairement par motif la raison d’un acte ; c’est-à-dire l’ensemble des considérations rationnelles qui le justifient… Nous appellerons donc motif la saisie objective d’une situation déterminée en tant que cette situation se révèle, à la lumière d’une certaine fin, comme pouvant servir de moyen pour atteindre cette fin. Le mobile, au contraire, est considéré ordinairement comme un fait subjectif. C’est l’ensemble des désirs, des émotions et des passions qui me poussent à accomplir un certain acte… Tout s’éclaire et nous pouvons concevoir les relations de ces trois termes, motifs, mobiles, fins. Nous avons affaire ici à un cas particulier de l’être-dans-le-monde : de même que c’est le surgissement du pour-soi qui fait qu’il y ait un monde, de même c’est ici son être même, en tant que cet être est pur projet vers une fin, qui fait qu’il y ait une certaine structure objective du monde qui mérite le nom de motif à la lueur de cette fin. Le pour-soi est donc consciencede ce motif. »

Jean-Paul Sartre, L’être et le néant – Essai d’ontologie phénoménologique, Paris, Gallimard, 1943.

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