Pensée du 22 juin 16

« La Théorie critique n’est pas une théorie fermée, mais ouverte sur l’histoire, ancrée dans le présent et tournée vers l’avenir ; en ce sens, poser la question de son avenir est presque contradictoire puisqu’elle accueille l’avenir, en elle-même, dans sa conceptualisation même. C’est une théorie dialectique, en mouvement et en tension constante avec la pratique ; elle est inscrite dans l’Histoire et se transforme avec l’Histoire. L’idée qu’il puisse exister une théorie figée, intemporelle ou hors de l’histoire est antithétique avec l’idée même de la Théorie critique. Et c’est par ce projet consistant à être en prise avec l’histoire que la recherche sociale, comme moyen de mise à jour constante de la conceptualisation au vu des pratiques effectives et des obstacles à l’émancipation, est constitutive même de la Théorie critique. Sans ce lien entre philosophie et recherche sociologique, c’est une dimension essentielle de la Théorie critique qui disparaît. Or, il n’est pas certain, au vu de l’organisation actuelle de la recherche et du système académique, que les conditions soient réunies pour mener à bien un tel projet, à l’heure de la fragmentation disciplinaire, de l’instrumentalisation de la recherche, de la coupure croissante entre philosophie et sociologie. »

Olivier Voirol, « Quel est l’avenir de la Théorie critique ? »

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