Pensée du 26 avril 16

 «La loi qui nous est imposée est celle de la confusion des genres. Tout est sexuel. Tout est politique. Tout est esthétique. Simultanément. Tout a pris un sens politique, surtout depuis 1968 : la vie quotidienne, mais aussi la folie, le langage, les médias, mais aussi le désir deviennent politiques à mesure qu’ils entrent dans la sphère de la libération et des processus collectifs de masse. En même temps, tout est devenu sexuel, tout est objet de désir : le pouvoir, le savoir, tout s’interprète en termes de fantasmes et de refoulement, le stéréotype sexuel est passé partout. En même temps, tout s’esthétise : la politique s’esthétise dans le spectacle, le sexe dans la publicité et le porno, l’ensemble des activités dans ce qu’il est convenu d’appeler la culture, sorte de sémiologisation médiatique et publicitaire qui envahit tout – le degré Xerox de la culture. Chaque catégorie est portée à son degré de généralisation le plus grand, et du coup perd toute spécificité et se résorbe dans toutes les autres. Quand tout est politique, rien n’est plus politique, et le mot n’a plus de sens. Quand tout est sexuel, rien n’est plus sexuel, et le sexe perd toute détermination. Quand tout est esthétique, rien n’est plus ni beau ni laid, et l’art même disparaît. »

Jean Baudrillard, La transparence du mal, Paris,  p 17.

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