Pensée du 22 avril 16

« Qu’est-ce qui produit aujourd’hui notre aversion pour « l’homme » ? — Car l’homme est pour nous une cause de souffrance, cela n’est pas douteux. — Ce n’est pas la crainte, c’est bien plutôt le fait que chez l’homme rien ne nous inspire plus la crainte ; que la basse vermine « homme » s’est mise en avant, s’est mise à pulluler ; que « l’homme domestiqué », irrémédiablement mesquin et débile, a déjà commencé à se considérer comme terme et expression définitive, comme sens de l’histoire, comme « homme supérieur » ; — oui, et encore qu’il ait un certain droit à se considérer comme tel en présence de l’énorme abâtardissement de la maladie, de la lassitude, de la sénilité qui se sont mis à gangrener l’Europe, à se croire un être relativement robuste, au moins encore apte à vivre et à affirmer la vie… »

Nietzsche, La généalogie de la morale

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