Pensée du 22 février 16

« L’amour (…) semble rejeter tout droit et tout devoir. Il veut dépasser, voire réduire cette zone de l’impersonnel que le droit organise et pacifie, mais aussi entretient. Sa source et son but c’est la transparence des êtres. Mais cette transparence n’est ni spontanée ni définitive; elle rencontre l’altérité qu’elle doit non seulement admettre mais vouloir… Si bien qu’apparemment au moins l’amour semble contradictoire : désir de fusion d’une unité absolue entre les deux amants, mais en même temps respect de cette dualité exigée par la liberté de l’autre. Dans la pensée occidentale deux grands courants s’opposent : les uns, tels Renouvier ou Proudhon, d’accord seulement en cela, prônent la souveraineté du droit et se méfient de l’amour qui devient la pire des tyrannies dès qu’on essaie de l’imposer, les autres privilégient un amour qui repousserait tout droit et coïnciderait avec le total détachement de soi, le désintéressement absolu. On ne peut, cependant pour la réalisation de la personne, se passer ni de l’un ni de l’autre et les contempteurs du droit comme de l’amour méconnaissent également leur plus profonde nature. »

Jean Lacroix, Le personnalisme comme anti‑idéologie, 1972.

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