Pensée du 03 février 16

« Penser, c’est se limiter à une unique idée, qui un jour demeurera comme une étoile dans le ciel du monde. »

HEIDEGGER, L’Expérience de la pensée

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GRILLE DE LECTURE

Heidegger nous invite à faire l’expérience de la pensée. Vivre c’est penser et penser c’est choisir, ce qui implique le fait que le choix est une nécessité pour la vie ; le philosophe est appelé à se faire habiter par une seule question qui traverse sa vie. Qui veut tout embrasser court le risque de tout perdre. A force de vouloir tout penser, nous courons le risque de ne rester que dans des instants de vague, sur la superficie de la chose pensée. Tout embrasser est promesse d’une pensée creuse, sans fond.  Notre vie est optionnelle, notre vie est un choix et le philosophe est appelé à vivre sa pensée et à penser sa vie.  La tradition philosophique nous enseigne qu’il n’y avait pas eu deux Aristote, ni deux Kant, ni deux Hegel. Ces penseurs restent encore immortels parce qu’ils ont été habités par une question, par la qualité de leurs œuvres. Le philosophe se détermine par la qualité de sa pensée. En fait l’incantation du philosophe de la forêt noire est une invite à la tempérance intellectuelle, à laGelassenheit. Le penseur est comme la taupe qui creuse son chemin dans l’obscurité afin de parvenir à la lumière.

Mervy Monsoleil AMADI, op

(Reprise de la grille de lecture du 28 décembre 2009 en hommage au commentateur disparu le 04 janvier 2016)

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One response to this post.

  1. Posted by Aubia on 3 février 2016 at 10:00

    Ce qui vient d’être écrit est une bouffée d’air pur, dense et profonde. Je m’attarderai un peu sur l’aspect communicationnel que soulève indirectement le mot du philosophe et son commentaire pertinent.
    Ce qui est écrit nous éloigne, sans nous en détacher complètement, de la dictature du « On » pour une invitation à se connaître soi-même. « Se resaisir en son essence »
    En effet, Il est périlleux pour la pensée de se disloquer sans cesse, en toutes occasions. Ce n’est pas facile et il faut y résister.
    Toute les sociétés modernes conduisent les hommes à absorber des quantités astronomiques d’informations. Peu ont le souci de s’attarder sur ce qu’ils ont appris. La plupart du temps, ils ne se sentent pas concernés. Cependant, ils savent un peu quelque chose à propos de quelque chose. Ainsi pourront-ils converser avec d’autres sur des sujets extrêmement différents dont ils ne garderont pas la trace six mois après. Ils font commerce. Cela leur est utile ( Et pour moi également). Ce commerce est critiquable mais ce qu’il est plus à mes yeux c’est la manière pavlovienne dont cela se passe. Il faudrait donner plus de cours pertinents sur les modes de fonctionnement de cette titanesque machine à fourguer des « nouvelles ». Car « on » trouve ça normal. C’est la réalité, il faut s’adapter etc. Mais avant de s’adapter il faudrait comprendre. Nous vivons dans une société qui n’est pas si ouverte que ça. Les champs des perceptives singulières et collectives semblent se réduire. Nous le voyons au niveau politique. Le principe de réalité est devenu une émanation du libéralisme galopant. En decà ou par delà ce régime point de salut.
    Que faire pour commencer?
    Se connaître soi-même demande du temps et un esprit méditatif et dialogique. Ceci trace ainsi une différence essentielle, une ligne de démarcation entre le fonctionnement de ces dispositifs instantanés que nous imposent la vie contemporaine ou les structures institutionnelles aussi bien que privées et la valeur non marchande d’un projet singulier authentique.
    Comme le dit Heidegger, nous existons entre deux néants. Rien que ça ne donne pas envie de faire et de penser n’importe quoi!!
    Certains commencent par une pensée du Temps et de l’Etre, d’autres focalisent leur attention sur les Signes ou la Conscience. Bref, je reste persuadé naïvement que chaque vrai départ et travail de la pensée singulière rendraient le monde trés différent de ce qu’il devient; ie un complexe de brouhahas en compétition pour la survie.
    Mon billet tend vers une liberté transcendant les déterminismes. Il fait l’éloge de la lenteur et de la promenade et de l’écoute silencieuse.

    Réponse

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