Pensée du 06 décembre 15

« L’existence d’autrui fait difficulté et scandale pour la pensée objective. Si les événements du monde sont, (…), un entrelacement de propriétés générales et (…) de relations fonctionnelles qui permettent, en principe, d’en achever l’analyse, et si le corps est en vérité une province du monde, s’il est cet objet dont me parle le biologiste, (…), cet amas d’organes dont je trouve la description dans les planches d’anatomie, alors mon expérience ne saurait être rien d’autre que le tête à tête d’une conscience nue et du système de corrélations objectives qu’elle pense. Le corps d’autrui, comme mon propre corps, n’est pas habité, il est objet devant la conscience qui le pense ou le constitue, les hommes et moi-même comme être empirique, nous ne sommes que des mécaniques qui se remuent par ressorts (…). Il y a deux modes d’êtres et deux seulement : l’être en soi, qui est celui des objets étalés dans l’espace, et l’être pour soi qui est celui de la conscience. Or, autrui serait devant moi un en-soi et cependant il existerait pour soi, il exigerait de moi pour être perçu une opération contradictoire, puisque je devrais à la fois le distinguer de moi-même, donc le situer dans le monde des objets, et le penser comme conscience »

Merleau-Ponty

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