Pensée du 08 novembre 15

« Je souhaite que l’amitié ait des pieds, autant qu’elle a des yeux et une langue éloquente. Elle doit se planter dans le sol avant d’envelopper la lune sous sa voûte. Je souhaite que l’ami tienne un peu du citoyen avant qu’il ne se transforme complètement en chérubin. Nous réprouvons le citoyen parce qu’il fait de l’amour une marchandise. Aimer se résume alors à échanger des cadeaux ou des prêts utiles, à entretenir des rapports de bon voisinage, à veiller les malades, à tenir les cordons du poêle à l’occasion des funérailles et l’on perd de vue les douceurs et la noblesse de la relation. Mais bien que nous ne puissions pas découvrir les traits du dieu sous son déguisement de pourvoyeur, nous ne pouvons pas non plus pardonner au poète s’il tisse trop finement son fil et ne donne pas assez de poids à sa romance en oubliant de la parer de ces vertus civiles que sont la justice, la ponctualité, la fidélité et la piété. »

Ralph Waldo Emerson, L’amitié

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