Pensée du 04 novembre 15

« Le propre du mal tient en ceci qu’il ne peut être nommé, pensé, vécu qu’en relation avec une certaine idée du bien. Qu’il n’y ait pas de bien en soi, que ce que les hommes appellent le bien soit relatif aux situations et aux cultures, et le mal se trouve radicalement relativisé, lui qui du coup peut être le bien d’hier, de demain ou d’ailleurs. Qu’il y ait un absolu du bien, un « souverain bien » comme l’affirmaient les sages antiques, ou un « unique nécessaire » comme disent les religions du salut, et le mal, sous la forme de la folie ou de la perdition, se trouve ici encore cerné et délimité, au moins sur l’une de ses frontières, comme le contraire de ce bien, tout en gardant quelque chose d’obscur et d’indéfini, semblable – la métaphore est classique – à la part d’ombre dans un monde que la lumière ne saurait visiter. Le mal, contraire du bien, cette apparente lapalissade a donné d’autant plus à penser aux philosophes que la relation du mal au bien est à sens unique, car si le mal n’est jamais tel que par rapport à un bien au moins possible et représentable, le bien paraît avoir une positivité propre qui lui permettrait, quelle que soit sa figure, de se poser dans toute l’innocence de son ignorance du mal. »

Etienne BORNE, « Mal », in Encyclopédie universelle 2010.

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