Pensée du 05 octobre 15

«Une proposition n’est reconnue évidente que lorsque l’esprit s’en sépare, s’oppose à elle, et affirme qu’elle s’impose à lui. Ce que nous jugeons évident est ce que nous jugeons qu’il nous faut nécessairement subir. Mais pour que cette nécessité soit reconnue, il faut que nous considérions que nous sommes distincts de cette nécessité, c’est-à-dire que nous sommes libres. En effet l’affirmation de la nécessité dans l’évidence est indiscutablement liée à celle de la liberté de l’Esprit. Se reconnaître contraint à l’affirmation d’une vérité, c’est reconnaître qu’avant de subir cette détermination, on était capable d’être déterminé autrement, on était libre, autrement dit. La condition de la reconnaissance de l’évidence c’est donc, dans l’esprit, le sentiment de sa liberté. Il faut que l’esprit, en présence de ce dont il a à juger, sente, sache qu’il est un juge dont la sentence ne peut être déterminée que par des raisons. »

Jules Lagneau, Célèbres leçons, P.U.F, 1950, p.109.

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