Pensée du 02 août 15

« Si donc penser n’est plus, comme Socrate voulait, penser pour le principe, si penser (=parler) n’est plus qu’agir, cette entreprise ne connaît qu’une nécessité, une loi, impitoyable, le succès. Là où se termine le pouvoir de la vérité s’inaugure la vérité du pouvoir. Pouvoir dans tous les sens, pouvoir technique, non détachable de celui de la parole (commanderont, feront faire ceux qui savent parler), pouvoir politique enfin. Le maître des mots deviendra le maître des hommes. Qui use « bien » des mots abusera des hommes. Les beaux parleurs l’emporteront en tous sujets sur les personnes compétentes, et la technocratie, ce règne du simulacre, est assurée de ne jamais en manquer… Le discours s’affirme comme l’arme absolue, puisqu’il sera possible, grâce à lui, d’avoir raison des autres sans avoir raison tout court, d’avoir raison de tout sans avoir de raison du tout. Pourquoi leurs élèves acceptent-ils sans maugréer de payer si cher les sophistes? Parce qu’ils sont au fait de la prodigieuse économie qu’ils réalisent de la sorte. Les sophistes apprennent à se passer d’apprendre ».

Hubert GRENIER, La Connaissance philosophique, p. 82.

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