Pensée du 05 janvier 15

« Tout acte, envisagé non pas du point de vue d’agent, mais dans la perspective du processus dans le cadre duquel il se produit et dont il interrompt l’automatisme, est un ‘miracle’ – c’est-à-dire quelque chose à quoi on ne pouvait pas s’attendre. S’il est vrai que l’action et le commencement sont essentiellement la même chose, il faut conclure qu’une capacité d’accomplir des miracles compte aussi au nombre des facultés humaines. Cela paraît plus étrange que ce ne l’est en fait. Il est dans la nature même de tout nouveau commencement qu’il fasse irruption dans le monde comme une improbabilité infinie, mais c’est précisément cet infiniment improbable qui constitue en fait la texture de tout ce que nous disons réel. Toute notre existence repose, après tout, pour ainsi dire sur une chaîne de miracles, la naissance de la terre, l’évolution du genre humain à partir des espèces animales. Car du point de vue des processus de l’univers et de la nature, et de leurs probabilités statistiquement accablantes, la naissance de la terre à partir de processus cosmique, la formation de la vie organique à partir de processus inorganiques, enfin l’évolution de l’homme à parti de processus de la vie organique sont toutes des improbabilités infinies, ce qu’on appelle couramment des ‘miracles’».

Hannah Arendt, La Crise de la culture, Folio, p. 220.

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