Pensée du 07 novembre 14

CONSCIENCISME ET HISTOIRE DE L’AFRIQUE

« Notre renaissance africaine insiste beaucoup sur la façon de présenter l’histoire [puisque] L’histoire de l’Afrique telle que l’exposent les universitaires européens, a été encombrée de mythes pervers ».

Nkrumah K., Le consciencisme, tr. fr. L. Jospin, Paris, Payot, 1964, pp. 99, 97.

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GRILLE DE LECTURE

L’histoire est un domaine essentiel pour qui veut prétendre à unifier un continent comme le consciencisme de Nkrumah. Une des difficultés est celle de réécrire l’histoire puisqu’à l’évidence, l’histoire de notre continent telle qu’elle a été faite a surtout servi à détruire toute capacité du Noir d’être fier de lui. On [l’Occident impérialiste, puisqu’il faut le nommer] a ainsi vulgarisé l’idée selon laquelle l’Afrique a toujours été dominée par l’Occident et que le Nègre est naturellement inférieur au Blanc. Nous savons aujourd’hui – même si certaines personnes soutiennent consciemment ou inconsciemment une pareille thèse désuète – que rien n’est éloigné de la réalité qu’une pareille déclaration et Nkrumah est préoccupé par le sujet car conscient de ces déformations de l’histoire.

Pour le premier président du Ghana, il est nécessaire de refaire l’histoire africaine avec objectivité, c’est-à-dire qu’il ne faut la faire ni plus belle ni plus dramatique qu’elle ne fût en réalité pour éviter deux excès : l’absolutisation de la culture africaine et sa minimisation. Et nous savons déjà depuis Platon et Aristote, que la mesure – la juste mesure précisément – est importante dans la vie. Mais contrairement au mouvement de reconnaissance, il ne brandit pas la culture comme étant la preuve de l’humanité de l’homme Noir car cette question semble déjà être résolue depuis le temps des premières calomnies impérialistes et de leurs réfutations.

On peut regretter que Nkrumah n’ait pas été au fait des productions littéraires de Cheikh Anta Diop, ce qui lui aurait donné un socle scientifique – car son argumentation est avant tout abstraite et trop peu étayée par les exemples – pour la vérification de son intuition. Mais nous, Africains actuels, avons la chance de n’avoir pas que Nkrumah et pour cette raison, il nous importe de faire le lien entre ces deux grands penseurs qui ont marqué notre temps à jamais par leurs productions intellectuelles.

Voir le blog de Jean Eric BITANG

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