Le suicide, un problème philosophique

Pensée du 13 février et grille de lecture

Réponse à une lectrice

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« Les devoirs envers soi-même et ceux envers la société, obligeant l’homme à respecter sa propre vie, le suicide ne pouvait qu’être assimilé à un acte indigne. »

Gilles LIPOVETSKY, Le crépuscule du devenir

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GRILLE DE LECTURE

L’homme est une histoire sacrée, la vie est sacrée. Elle est sacrée parce qu’elle ne nous appartient pas. Nous sommes peut-être d’accord qu’en un moment de l’histoire, nous nous surprenons entrain de vivre. Nous assistons à notre naissance sans en avoir été conscient. L’instant où commence notre vie nous échappe toujours. Nous vivons mais sans jamais savoir ce que c’est que la vie, parce qu’elle est transcendance, elle est une invisibilité fondamentale. N’étant pas l’auteur de notre vie, pour le simple fait de n’en avoir pas été l’auteur en son temps, nous avons cette obligation morale de la respecter. Respecter la vie c’est aussi respecter son auteur. Le suicide est un acte indigne, il fait croire que dans notre entourage, personne ne pouvait nous sortir de la tourmente dans laquelle nous étions empêtré. Il est une injure pour la société. Le suicide prive la société de nos services. Il est un manquement grave au devoir humain et social qu’est vivre simplement.

L’homme ne peut pas pour quelques atrocités de la vie se donner le pouvoir de s’ôter la vie. Nous vivons mais la vie ne nous appartient pas. La chose la plus noble et la plus digne pour un homme est de prendre les moments noirs de son histoire comme la phase négative d’une seule vie. L’homme doit donner sens à sa souffrance. La souffrance vient dire que nous sommes des êtres factuels, limités. Puisqu’il n’y a pas de vie sans les douleurs de l’enfantement, l’homme est appelé à vivre son épreuve existentielle comme un moment de la totalité de la vie.

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Réaction :

« Il me semble que les Anciens doivent se retourner dans leur tombe… ceux qui disaient que si cela était trop difficile, il n’était pas obligatoire de subir. Penser sa mort peut au contraire donner un sentiment de liberté, et le temps où je vis est le seul bien, il m’appartient de le rendre si je le souhaite… »

Une lectrice

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Réponse :

Merci chère lectrice pour le partage de points de vue. Je vous comprends parfaitement, mais je crois qu’une certaine  éthique philosophique serait d’un avis contraire. Savez-vous, les Anciens ne seront pas les seuls à se retourner dans leur tombe, les Contemporains aussi. Je vous convie avec les amis de L’Academos à la visite de ces philosophies de « sinistre mémoire » qui soutiennent que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue et qu’elle n’a du prix que sous la guillotine volontaire ou la mort silencieuse. Vous tirerez vous-même une conclusion qui vous semble logique. Le suicide est une solution extrême, dont les motivations  ultimes échappent  à ceux qui en sont simplement témoins. Encore que la question du suicide peut être vue autrement d’une ère géographique à l’autre.  La philosophie peut-être sans frontières, mais les points de vue varient.

Hégésias de Cyrène pensait que, le bonheur étant chose impossible, et le corps étant accablé de malheurs, la mort était préférable à la vie. Surnommé « Celui qui pousse à la mort », il a été exilé, son école fermée, et ses livres bannis par le roi Ptolémée III.

Socrate pensait que la croyance que l’on va rejoindre les dieux et certains morts rend injuste la révolte contre la mort. Il ne s’est pourtant pas suicidé, il a seulement refusé de fuir la mort pour rester un philosophe digne qui assume ses actes.

Platon le disciple de Socrate aurait détallé, pour empêcher les athéniens de commettre un second meurtre ignominieux. Il invitait à se libérer de notre corps de mort pour accéder à la vie intelligible, pas jamais par le suicide, c’est par l’ascèse philosophique. Il serait bien de donner un coup d’œil dans ses Dialogues. Ses textes frisent parfois la contradiction. Il traite du suicide dans Le Phédon. Platon affirme qu’ « il n’y a que les insensés qui se réjouissent de la mort ! Les humains sont assignés à résidence et nul n’a le droit de s’affranchir de ces liens pour s’évader. Les dieux sont nos gardiens et nous sommes le troupeau. Il ne faut donc pas se donner la mort, avant qu’un dieu ne nous envoie un signe ».

Nietzsche est une grande figure de la philosophie du suicide. « La pensée du suicide est une puissante consolation : elle nous aide à passer maintes mauvaises nuits. » (Par delà bien et mal). « Il y a un droit en vertu duquel nous pouvons ôter la vie à un homme, mais aucun qui permette de lui ôter la mort : c’est cruauté pure et simple. » (Humain, trop humain). « Abstraction faite des exigences qu’imposent la religion, il sera bien permis de se demander : pourquoi le fait d’attendre sa lente décrépitude jusqu’à la décomposition serait-il plus glorieux, pour un homme vieilli qui sent ses forces diminuer, que de se fixer lui-même un terme en pleine conscience ? Le suicide est dans ce cas un acte qui se présente tout naturellement et qui, étant une victoire de la raison, devrait en toute équité mériter le respect… (Humain, trop humain). Retenons que Nietzsche non plus ne s’est pas suicidé. Il aurait détraqué avant d’être témoin de sa lente décrépitude.

Albert Camus est un philosophe du suicide. Il en parle dans Le mythe de Sisyphe. Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux, aimait-il affirmer, c’est le suicide. Le suicide est une solution à l’absurde. Mais Camus ne s’est pas suicidé malgré la conscience aiguë qu’il avait de l’absurdité de l’existence et du non sens de nos recherches.

Emile Cioran est aussi un penseur pessimiste, héritier impénitent de Nietzsche et d’Arthur Schopenhauer. Dans « De l’inconvénient d’être né », Cioran montrait que la vie est une farce, une sorte de maladie dont le ridicule est à son comble. Sa position reste toutefois ambiguë. « Je passe mon temps à conseiller le suicide par écrit et à le déconseiller par la parole. C’est que dans le premier cas il s’agit d’une issue philosophique ; dans le second, d’un être, d’une voix, d’une plainte… »

Ce tour d’horizon non démocratique de la question du suicide ne nous montre que des avis favorables au suicide. Celui qui pense que l’un ou l’autre de ces philosophes a raison, peut retenir ou apporter son aval au suicide comme une fin en douceur, une solution qu’aucun de ces défenseurs du suicide n’a adoptée pour soi-même. Peut-être la vie valait autrement la peine d’être vécue ?

La vie est un bien précieux sur lequel nous n’avons normalement aucune prise. La vie est donnée, le temps aussi, le temps de la vie davantage. Nous sommes de simples intendants d’un précieux bien contenu dans des vases d’argile. La vie nous échappe, elle déborde notre pouvoir d’user et de disposer.  Elle peut être falsifiée, elle peut être bradée en certains cas. La morale nous enseigne que c’est le sommet de l’indignité.  On ne subit pas la vie, elle reste un combat à assumer.  Personne n’a eu  la réussite facile, elle cache toujours une vie dramatique, des années de privations. Trouver que la vie est trop difficile pour chercher le soulagement dans la mort est  à mon sens une capitulation abjecte, une liberté poussée trop loin.

Voilà pourquoi pendant longtemps, les législations de nos pays laïcs, j’entends nos pays de la sortie de la religion (Marcel Gauchet), ont hésité à autoriser l’euthanasie, qui ne s’appelle pourtant pas suicide.  D’ailleurs, de l’éthique médicale à la philosophie, il peut y avoir un hiatus. Aujourd’hui quelques pays ont ouvert la porte à l’euthanasie flanquée d’une kyrielle de conditions, sinon, le tribunal. Cela doit faire réfléchir. L’euthanasie est une question réglée par le progrès de la médecine. La thèse de la douleur atroce ne tient plus. A ma connaissance, aucune loi (laïque, anti religieuse ? ), n’a encore autorisé le suicide. Il se peut que je sois mal informé. C’est le moment d’apprendre quelque chose de vous, lecteurs. Le suicide, d’accord pour des raisons que nous ne pouvons savoir, mais après le suicide, l’acte sera qualifié par la morale. Tuer est un acte intrinsèquement mauvais. Se tuer ou se suicider ne l’est pas moins. Non seulement le suicide serait immoral, mais il serait un acte irresponsable.

Emmanuel AVONYO

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21 responses to this post.

  1. Posted by fleurdelys on 15 février 2010 at 11:17

    La morale ne règle pas les problèmes d’une personne donnée qui est dans un état tel, que sa vie n’a plus aucun sens. Qui a le droit de juger à la place de quelqu’un. La vie appartient à chacun contrairement à ce que je lis. Arrêtez vos beaux discours. Ecoutez plutôt la personne qui en assez de souffrir physiquement et forcèment moralement et laissez les personnes concernanées faire ce qu’elles souhaitent.Cela ne gêne personne.

    Réponse

  2. Merci pour votre participation au débat. J’entends vos observations. Intéressant d’entendre un autre son de cloche. Il va de soi que devant la souffrance et le suicide qui s’ensuivrait, les discours ne peuvent pas grand chose. Toutefois, invoquer la souffrance physique ou morale pour légitimer le suicide ne paraît pas pertinent. La morale ne règlera pas nos ennuis existentiels, mais il suffit d’observer que le suicide n’éradiquera pas non plus les causes de la souffrance humaine pour admettre que nous avons peut-être un devoir suprême, celui de protéger la vie contre le suicide, quels que soient nos repères axiologiques.

    Emmanuel AVONYO

    Réponse

  3. Pour moi, le suicide n’est pas quelque chose de non-éthique en tant quel tel – à partir du moment où aucun espoir de bonheur ou d’utilité sociale n’est possible, pour quel raison ne puis-je mettre fin à mes jours de façon honorable? C’est en ce sens que l’idée du suicide peut-être rassurante – si vraiment je ne peux plus m’en sortir, je peux toujours lâcher la rampe.

    Cela dit, les deux conditions doivent être, objectivement, présente : plus d’espoir de satisfaction, plus d’utilité sociale possible. Là où le suicide devient problématique, c’est lorsque ces caractéristiques sont perçues par la personne, mais sans bases rationnelle. Soyons franc – la majorité des suicides sont le résultats d’une dépression (il faut que je recherche des références, mais j’en suis quasi-sûr), elle même provoquant une perception tronquée de la réalité (le concept de « distorsion cognitive » de Beck). Un grand nombre de suicide se base donc sur des idées qui n’ont pas de bases rationnelles (de la part d’une personne déprimée, on entend souvent « Je ne m’en sortirait jamais » ou « à quoi bon? je ne tirerait jamais rien de cette vie »).

    Je ne trouve pas grand chose là dessus dans la littérature psychologique, mais je n’ai pas beaucoup approfondi.

    Réponse

  4. Merci à vous lecteur pour votre apport.

    Les conditions dans lesquelles le suicide se décide peuvent mettre en question la pertinence de l’option d’interruption volontaire de la vie.

    La vie n’étant pas une valeur marchande, monétaire, il serait dangereux de parler de son inutilité sociale. Une vie vaut absolument en elle-même, sinon les clochards et les handicapés moteurs n’auraient plus droit de cité. Ceci dit, on ne peut pas dire d’un homme qu’il n’a plus aucun espoir de bonheur. L’espoir me semble être la seule denrée principiellement inépuisable. L’homme est à l’état de possibilité pure, tant que la vie ne s’est pas éteinte. La vie est un don d’en haut, et les chances de son épanouissement ne sauraient être irrémédiablement épuisées. Sous ce rapport, le suicide me paraît être un problème philosophique, une solution non-éthique.

    Emmanuel

    Réponse

  5. Je continue à participer au débat – même un clochard ou un handicapés moteurs peut-être « utile » socialement.

    Je ne veux pas utiliser ce terme dans un sens économiste, mais plutôt purement humain. Ainsi, nombre de personne handicapés (motrices, sensorielles ou mentales) s’impliquent dans la sociétés et ont des rapports interpersonnels satisfaisants. (Mottez, B. (1997). A s ’ obstiner contre les déficience, on augmente souvent le handicap : l’ exemple des sourds. Sociologie et sociétés, 9(1), 20-32. Retrieved from http://id.erudit.org/iderudit/001390ar) Je pense pareillement vis-à-vis des clochards – par la sociétés particulière qu’ils forment, ils remplissent une fonction sociale les un vis-à-vis des autres.

    Et pourtant, l’installation de « bancs anti-clochards » (où il est impossible de se coucher) ou l’impossibilité pour eux de se soulager la vessie autre part que dans la rue (Paquot, T. (2006). Des corps urbains. Sensibilités entre béton et bitume. (B. Richard, Ed.) (Autrement.). Paris, France.) montre que non, les clochards n’ont de toute façon pas droit de cité. Enfin, nous sommes d’accords pour dire que cette exclusion, par contre, est contraire à l’éthique.

    Je veux dire qu’il est inutile de prôner un optimisme béat – il est des situations objective où la probabilité d’être satisfait et équilibré est fortement diminuée – même si, d’accord avec vous, elle n’est jamais nulle. Là ou nos visions différent, c’est pour dire « La vie est un don d’en haut ». Personnellement, ma vision est athéiste et moniste – prosaïquement, « nous ne sommes qu’un paquet de neurones ». Par conséquent, la seule valeur intrinsèque de la vie est le bonheur que nous pouvons ressentir et donner aux autres – ce qui est, pour moi, amplement suffisant.

    Il importe donc de ne pas réduire cette réalité complexe à un simple problème philosophique – tenir uniquement le discours moralisateur « le suicide, c’est mal », ne risque pas d’aider la personne à prendre du recul par rapport à ce qu’elle ressent. J’ai vécu cette situation récemment, lorsque je me suis trouvé face à une personne exprimant l’envie de mettre fin à ses jours.

    Une réflexion sur le suicide ne peut donc s’ancrer que dans le domaine de la raison cartésienne. Des arguments provenant du domaine de la foi ne saurait être pris en compte. Il importe de savoir, objectivement, si nous pouvons encore donner et recevoir de la satisfaction… ce qui est le cas pour une grande majorité des personnes suicidaires.

    Réponse

  6. Je ne souhaite pas polémiquer sur la validité d’un jugement de la foi ou de la raison, quand bien même c’est la même personne qui se dit cent pour cent rationnel qui peut se dire encore croyant. On est libre de ne pas être croyant, mais il est exagéré de penser que les jugements de la foi sont irrecevables par le simple fait qu’on est athée… Je veux bien respecter cette façon de se percevoir en société.

    Si l’homme n’était pas plus qu’un paquet de neurones, un discours de la raison n’aurait pas de sens, de signification. Un discours, même tenu dans les justes limites de la raison cartésienne, semble incliner à reconnaître chez l’homme quelque chose qui dépasse le strictement biologique, c’est à dire la conscience morale, c’est à dire le spirituel. Et le propre de la raison (exclusive de la foi soit-elle, mais) innervée par la conscience droite, est d’admettre l’existence du bien et du mal, en ce qui concerne la plus haute valeur existentielle qu’est la vie (Rappelons en passant que le jugement moral est une exigence de la raison pratique). Le suicide, quels que soient ses motifs ultimes, est une violation de l’intégrité physique de la personne humaine. Elle n’est pas moins qualifiable moralement par la toute puissante raison. La faiblesse, la maladie, le handicap, font partie de la condition humaine ; et l’option du suicide n’est qu’un refus de cette réalité constitutive de l’existence.

    En conséquence, le suicide me parait toujours moralement inacceptable, au même titre que l’homicide. Bien que certains conditionnements psychologiques, culturels et sociaux puissent porter à accomplir un geste qui contredit aussi radicalement l’inclination innée de chacun à la vie, atténuant ou supprimant la responsabilité personnelle, le suicide, du point de vue objectif, est un acte gravement immoral, parce qu’il comporte le refus de l’amour envers soi-même et le renoncement aux devoirs de justice envers le prochain.

    Emmanuel

    Réponse

  7. Mes propos ont sans doute dépassé mes pensées concernant la foi, mais j’avoue que le recourt à l’argument « La vie est un don d’en haut » m’a paru douteux.

    J’admet tout à fait l’existence du bien et du mal comme principes absolus… mais classer l’entièreté d’une réalité complexe sous l’étiquette « immorale » me parait abusif. Dans une grande majorité des cas, oui, il s’agit d’un acte négatif (mais les auteurs peuvent-ils être tenu pour responsable, à partir du moments où 1. ils en sont les victimes et 2. ils ne perçoivent pas la réalité rationnellement?). Cependant, l’acte n’est pas immoral en lui-même. Il le devient lorsqu’il est basé sur des critères subjectifs et non plus sur la raison.

    Enfin (et je le répète), de façon terre-à-terre, lorsqu’on se retrouve face à une personne suicidaire, le discours simple « Ne te suicide pas, c’est immoral » ne fait rien d’autre que de bloquer la personne sur sa position… conduisant parfois à un passage à l’acte. (Et ici, je parle d’expérience) (http://corpussuicide.canalblog.com/archives/a_propos_du_blog/index.html)

    J’apprecie le débat d’idée – on en sort de toute façon enrichi. Merci beaucoup

    Loïc COENEN

    Réponse

  8. Posted by Moliere on 9 janvier 2012 at 12:27

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour ces points de vue très intéressants.

    Je regrette toutefois que la question du suicide ait été traitée d’emblée sous l’angle de la morale sans que l’on se soit demandé si elle pouvait – et devait – être traitée sous d’autres angles.

    Le suicide pose « problème », au sens philosophique de ce terme. Je veux dire que la question du suicide n’a pas vraiment de solution, ou qu’elle en a plusieurs qui sont toutes philosophiquement valables. En disant « philosophiquement valables », je veux dire que, à l’issue d’une réflexion rigoureuse et systématique, on aboutira nécessairement à une conclusion non définitive et tout aussi défendable qu’une autre conclusion à laquelle nous aura mené une autre réflexion sur le même sujet, tout aussi rigoureuse et systématique.

    C’est que le suicide interroge directement la question de la vie et de la mort et donc celle de notre existence. On ne peut pas vraiment traiter ce sujet en profondeur dans le cadre de ce blog.

    Cela dit, je m’interroge sur la « possibilité » du suicide. C’est le départ d’une réflexion qui me paraît intéressant. Il me semble qu’il est permis de faire ce constat: l’homme a la possibilité de mettre fin à sa vie. Le fait qu’il ne le fasse pas (surtout lorsqu’il s’agit de penseurs qui encouragent le suicide), ou le fait que la vie soit « sacrée » comme on l’a dit ici, ou encore le fait que le suicide soit un acte moralement répréhensible ne change rien à ce constat: il reste possible pour l’homme de se donner la mort. Il peut le faire, cela lui est possible. Il en a non seulement la liberté (le choix ou non de passer à l’acte), mais également la possibilité (les moyens de passer à l’acte).

    De là ma question: est-ce que la seule possibilité pour l’homme de passer à l’acte ne suffit pas (à elle seule!) à justifier le suicide? On pourra pleurer la mort de l’ami qui s’est donné la mort, on pourra se consoler en disant que c’était compréhensible vu les souffrances qu’il a endurées, ou au contraire, on dira que notre religion condamne cet acte, on reprochera à cette personne son profond égoïsme, mais on ne pourra jamais lui reprocher d’avoir eu la possibilité de se donner la mort, on ne pourra jamais le condamner pour avoir disposé des moyens de se tuer.

    C’est un début de réflexion.

    Réponse

  9. Merci Molière de partager votre réflexion avec les lecteurs de l’academos.

    Il est vrai, le suicide n’est pas qu’un problème moral, mais la morale fait partie intégrante de la réflexion philosophique. Le philosophe ne peut pas évacuer de son horizon les considérations axiologiques du comportement humain, surtout lorsque celui-ci regarde à la manipulation de la vie sous toutes ses dimensions.

    Fonder la validité du suicide sur la disponibilité des moyens de se donner la mort et sur la possibilité illimitée pour tout homme de s’arracher la vie nous paraît une approche assez curieuse, philosophiquement inféconde… Ceux qui disposent de la bombe atomique sont-ils pour autant fondés à l’utiliser contre la vie… L’homme n’est pas condamné à expérimenter toutes les voies du possible, y compris celle qui met un terme définitif au vaste champ du possible existentiel. La liberté de choix qui doit fermer à l’homme les portes du choix n’est-elle pas liberticide et suicidaire ?

    La réflexion n’est pas close.

    Emmanuel

    Réponse

  10. Posted by Moliere on 11 janvier 2012 at 09:27

    Merci Emmanuel pour votre commentaire.

    Votre comparaison (l’usage de la bombe atomique) ne me paraît pas correcte. Il me semble qu’avec le suicide, nous faisons face à un problème tout autre que celui de l’homicide. Le choix du titre de ce blog est d’ailleurs assez parlant: « le suicide, un problème philosophique ». On n’a pas dit: « l’homicide/l’euthanasie, un problème philosophique », parce qu’on voyait dans le suicide une différence fondamentale de nature. Mais votre première intervention sur ce blog me laisse penser que l’on peut aisément faire la confusion (au demeurant tout à fait défendable). Attribuer à la vie un caractère sacré, dire que « la vie de nous appartient pas », c’est créer cette altérité qui fait du suicide un homicide et justifie votre dernier commentaire.

    Or, dans ma conception des choses, le suicide ne fait intervenir qu’une seule et unique personne, l’individu. Voilà pourquoi la question de la liberté et de la possibilité prend du sens. Ce qui, souvent, nous déplaît dans la liberté des uns, c’est qu’elle empiète sur celle des autres. Avec le suicide, nous n’avons pas ce problème. C’est un acte fondamentalement et essentiellement individuel. Solitaire.

    Si dès lors on débarrasse l’individu de Dieu, si on le débarrasse des autres, il me semble qu’il ne lui reste plus qu’une seule chose: sa liberté et les moyens pour lui de passer à l’acte.

    Qu’en pensez-vous?

    Réponse

  11. Je respecte votre point de vue, ayant compris que votre véritable problème semble se trouver là : débarrasser l’individu de Dieu. Tâche non moins philosophiquement exaltante… Altérité, individu…, peu importe ; la liberté qui tue la liberté, quelle qu’elle soit, est liberti-cide.

    Au nombre des moyens dont dispose aujourd’hui l’homme pour purger sa liberté, la bombe est la plus nocive à grande échelle. Si l’existence des moyens suffit à justifier ou à fonder en raison leur utilisation par la liberté, l’éventualité de l’utilisation de la bombe est un exemple qui dramatise assez bien les conséquences de votre propos.

    Emmanuel

    Réponse

    • Posted by Moliere on 13 janvier 2012 at 08:20

      Cher Emmanuel, je comprends parfaitement votre point de vue.

      Au final, force est de constater que nous faisons face à deux positions philosophiques fondamentalement différentes – et qui ont eu dans l’histoire, comme vous le savez, leurs célèbres défenseurs.

      Avec Dieu, la vie est un bien essentiel; sans Dieu, l’homme devient absolue liberté, libre jusqu’à choisir de se donner la mort. Cette proposition, même si elle est évidemment trop courte et incomplète, me semble vraie.

      Cela dit, le point de départ de ma première intervention sur ce blog était le suivant: si la vie était un bien essentiel, il ne se justifierait pas de traiter différemment le suicide et l’homicide. Qu’elle appartienne à quelqu’un d’autre ou à soi-même, la vie reste un bien essentiel. Or j’avais le sentiment qu’avec le suicide, on avait affaire à quelque chose de particulier. Au fond de moi-même, étrangement, se tuer soi-même me semblait être un acte moins grave que tuer quelqu’un d’autre. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de noter à cet égard que le droit pénal dans nos sociétés démocratiques réprime l’homicide mais exclut de son champ d’application le suicide. Ce sentiment que j’avais au sujet du suicide ne pouvait donc pas être seulement le mien.

      Dès lors, se contenter de dire que le suicide est un acte moralement répréhensible parce que la vie est un bien essentiel et sacré, est insuffisant. Le suicide est un vrai problème philosophique. Il ne met pas seulement en jeu la vie. Il y a autre chose encore qui est au coeur du problème. Mais quoi?

      Réponse

  12. Cher Molière,

    La conception du suicide a beaucoup évolué ces dernières années, au point que la première attitude à adopter devant un tel acte n’est plus la condamnation pure et simple. Le jugement éthique sur le suicide ne règle pas les problèmes qui l’ont entraîné. Mais il tient à prévenir le recours à l’interruption de la vie pour quelque raison que ce soit. La vie est sacrée, elle doit être défendue jusqu’au bout, et pas seulement dans une attitude pédagogique, parce que sa valeur inestimable n’a pas de commune mesure. En effet, la vie n’est pas qu’un processus biologique qu’on pourrait interrompre à loisirs. Elle est une valeur spirituelle et éthique de premier plan. Il est clair que le suicide n’est pas l’homicide, mais il est un acte aussi grave que le meurtre dans la mesure il est une faute contre soi-même, contre la société et, pour certains, une faute contre le donateur de la vie. Le droit pénal ne traite pas du suicide parce que la responsabilité pénale d’un suicidaire (littéralement un mort) ne saurait être engagée. Si l’on considère le suicide comme un acte consciencieux, il ne peut pas échapper à la qualification morale, quand bien même le jugement moral ignore les mobiles profonds de l’acte suicidaire et est impuissant à réparer quoi que ce soit. Dès qu’un acte est totalement libre, il n’échappe pas au jugement moral. Cependant, si l’on considère le suicide comme un acte de désespoir profond, voire un acte de folie extrême, son intervention n’est constatée qu’en désespoir de cause. Dans ce cas précis, son caractère de liberté s’atténue, et il est difficile de soutenir que l’homme fait un usage souverain de sa liberté. Après un acte de suicide, la première réaction est marquée par la confusion et l’incompréhension. Néanmoins, on regrettera toujours que tel ou tel soit allé jusqu’à se donner la mort comme solution à un problème. Ce regret est un hommage à la vie dans son caractère sur-éminent et une condamnation implicite du suicide dans sa lâcheté. L’abondance de discours sur cette question ne fera que nous éloigner de l’essentiel : construire un monde de plus en plus humain, de plus en plus juste, habitable par tous.

    Emmanuel

    Réponse

  13. Posted by Moliere on 4 février 2012 at 18:48

    Cher Emmanuel,

    Merci beaucoup de votre message.

    Tout comme vous, je ne souhaite pas que la philosophie devienne un exercice intellectuel détaché de la réalité. En l’occurrence, il s’agit de savoir si le suicide peut trouver une certaine justification ou s’il est nécessairement soumis à un jugement moral négatif. C’est une question importante « de vie ou de mort »…

    La vie (autant que la mort) est un mystère. C’est – en ce qui me concerne du moins – une des raisons qui nous poussent à croire en Dieu. Mais en disant cela, on met fin à toute discussion sur ce sujet. Le suicide devient un acte injustifiable. Et l’on peut se demander s’il ne serait pas, aussi, un acte condamnable (en parlant plus haut du droit pénal, je songeais à toutes les formes diverses et variées de tentatives, beaucoup plus importantes en nombre que les suicides achevés).

    Mais pourquoi le suicide est-il un problème philosophique?

    Il est selon moi un problème philosophique parce qu’il met en jeu, peut-être plus que tout autre problème, d’une manière flagrante, évidente, liberté (absolue?) et nécessité (divine?).

    Ces termes ne sont pour moi pas opposés. Etre vraiment libre c’est – il me semble – avoir les moyens d’agir d’une certaine manière avec la profonde conscience qu’on ne peut agir autrement. Spinoza aurait à mon sens exclu la morale de notre problème philosophique. Le suicide devient un acte libre absolument parce qu’il est absolument nécessaire.

    Excluons de la discussion le suicide qui est le fait d’une personne incapable de discernement. Dans ce cas en effet, le suicide ne me semble plus être un acte libre. Mais il l’est encore, contrairement à ce que vous pensez, lorsqu’il est causé par un profond désespoir. Lorsque le profond désespoir transforme dans notre conscience le suicide en absolue nécessité, c’est-à-dire à un tel point que l’on ne peut plus agir autrement et que l’on ne peut plus concevoir que l’on puisse agir autrement, les moyens que j’ai de passer à l’acte suffisent à le justifier.

    Réponse

  14. Posted by Zu on 2 juin 2012 at 01:20

    Dans une perspective purement idéaliste, celle des Lumières, qui considère la volonté rationnelle comme indépendante et pure, il me semble que le suicide devrait être un droit naturel. C’est à dire qu’à partir du moment où l’individu décide en conscience de mettre fin à ses jours, de manière rationnelle, par exemple dans le cas d’une impossibilité formelle : bloqué dans une cellule de prison en plein désert, inconnue de quiconque, avec suffisamment de nourriture pour survivre et suffisamment d’ennui pour mourir, le suicide est rationnel.

    Cependant, il me semble que Marx et Freud ont apporter des perspectives nouvelles à la question, qui sont les conditions sociales ou subconscientes de production d’une telle volonté. La question du suicide libre est sans fondement dans une société non libre. Les rapports de pouvoir influencent les possibilités de production d’une telle pensée. Il faut alors se demander quelles sont les personnes les plus sujettes au suicide et quelle est la source matérielle et idéologique d’une telle pensée.dans leur relation aux autres et à eux-mêmes (ce eux-même qui est aussi produit socialement, ne serait-ce que par le langage). Certains milieux favorisent cette pensée, par exemple le milieu artistique actuellement, sans que cela ait uniquement trait à l’individu, mais effectivement à sa position sociale et à la forme de la conscience de sa position sociale.

    Enfin le suicide me désigne pas uniquement l’acte bref de se donner la mort. Pourquoi ne désignerait- il pas aussi une volonté morbide sur le plus long terme? L’alcoolique qui s’abandonne à sa drogue n’effectue-t-il pas déjà un suicide s’il est conscient et persuadé (à tort ou à raison) que cela le mène directement à la mort? Le voyageur ou le buddha qui s’extrait de son lieu ou de son corps pour renaître n’effectue-t-il pas un suicide, cést-à-dire littéralement un meurtre de soi? Dans le cas où l’on se restreint au meurtre du corps en tant que tel, le continent, le chaste, effectue-t-il un suicide?

    Réponse

  15. Posted by Moliere on 20 juin 2012 at 09:22

    « Le premier et le plus fort désir que Dieu a planté en l’homme et ouvré dans les principes mêmes de sa nature est le désir de sa propre conservation » a dit Locke. Cette constatation semble être une évidence. Et pourtant il y a des individus qui se donnent la mort. Qui n’ont pas le désir de leur propre conservation. Et qui sont pourtant des hommes.

    On rétorquera que ce n’est pas parce qu’un mal existe qu’il est juste. C’est déjà, cependant, porter un jugement moral. Or je pense (c’est ce que je dis depuis le début ici), que le suicide n’est pas un mal (sans aucunement penser que c’est un bien). Pourquoi? Encore une fois: parce que nous avons simplement les moyens, la possibilité de passer à l’acte. Face à l’évidence de l’instinct de conservation, la possibilité et les moyens de se donner soi-même la mort semblent être la seule et nécessaire justification.

    Réponse

  16. Posted by Molière on 26 novembre 2012 at 11:13

    Il nous faut encore circonscrire le problème.

    Je dis depuis le début ici qu’il faut exclure la question du suicide de la morale. Le suicide est en effet amoral. Il n’est ni un bien, ni un mal.

    Parmi les raisons de ce constat, il en est une que j’ai mentionnée plus haut et qu’il faut expliciter. Il s’agit de celle selon laquelle le suicide est un acte éminemment, essentiellement solitaire.

    Je me demande: la morale ne vise-t-elle pas la personne vivante et agissante et plus précisément celle vivant et agissant en société? A la question « que dois-je faire », il faut certainement un « je » et un « faire ». Mais est-ce suffisant? Que fait-on de la personne qui a agi mais qui, par son ACTE-MÊME, n’existe plus et qui ne fait plus partie d’aucune société? La question de la temporalité, dans le cas du suicide, me semble importante: QUAND peut-on porter un jugement moral?

    Porter ici un jugement moral sur un mort est absurde, parce que l’objet du jugement moral est néant – ou plutôt n’est pas. Il est impossible. Bien évidemment, on peut porter un jugement moral sur les actes de tortionnaires, de meurtriers du passé, mais ce n’est pas la même chose. On peut très bien dire que le génocide dirigé par Hitler est un mal, mais nous portons alors un jugement moral sur l’acte d’une personne, à l’époque bien vivante, qui a agit et qui vivait encore en société.

    Réponse

  17. Salut Molière, merci de continuer à remuer la question nous ne cesse de nous opposer philosophiquement. Si le suicide est un fait amoral, revêt-il un caractère éthique selon vous ? Le choix de se suicider peut-il être commandé par des valeurs ? Pourquoi le suicide serait-il alors amoral ?

    Ne nous attardons pas trop sur l’objet de la morale, lorsque nous savons ce qui est en question ici. Je pense comme vous que le jugement moral ne porte pas avant tout sur un cadavre. Mais c’est le fait social du suicide (dont le cadavre n’est qu’une conséquence glorieuse ou non) qui tombe sous le jugement moral dès lors qu’il porte sur cette valeur fondamentale qu’est la vie. L’acte du suicide a beau être solitaire, il ne fait que renforcer le questionnement sur le rôle que la société a pu jouer dans l’option pour l’interruption volontaire de la vie. La responsabilité morale de la société ne peut pas être démentie dans le fait qu’un homme ait opté, rationnellement ou non, pour la voie de la désespérance absolue.

    Enfin, le fait qu’Hitler ne soit plus vivant n’atténue pas la valeur morale des actes ignominieux qu’il a pu commettre. Si l’acte d’un tortionnaire qui attente à la vie des autres est un mal, il ne saurait en être autrement lorsqu’on devient soi-même l’objet du supplice. Tuer ou se tuer est un acte intrinsèquement mauvais. Le temps, les circonstances, les mobiles ne sauraient absoudre sa malignité.

    Emmanuel Avonyo, op

    Réponse

  18. Posted by Moliere on 9 février 2013 at 11:21

    Merci Emmanuel. Je crois que nous avons, avec votre dernier message, donné au débat une orientation légèrement différente.

    Marcel Conche (Le fondement de la morale, 2ème éd., Paris 1993, p. 99), je crois, vous rejoint sur ce point: « Le désir humain de vivre est désir d’une vie humaine; loin de lui être contraire, le suicide est dans la logique de ce désir. Mais ne peut-on toujours faire en sorte que la vie prenne par la lutte un sens humain? Oui, si l’on n’est pas seul. Mais Mlle Zhao [une chinoise qui a préféré le suicide au mariage arrangé par ses parents] nous est présentée comme ne trouvant aucun appui nulle part, ni dans sa famille, ni dans la famille de son futur mari, ni dans la société. Pour crier son droit, encore faut-il un faible espoir d’être entendu. Pour s’enfuir, encore faut-il l’espoir de trouver ailleurs un refuge où l’on ne soit pas considéré comme un être déshonoré. Le suicide de Mlle Zhao, qui est l’aveu de son désespoir absolu, est la seule façon d’affirmer son droit, sa liberté et sa dignité humaine, qui lui restait. »

    Cela ne change toutefois rien au fait que « le droit de librement mourir appartient, ou non, à chacun, selon qu’il se le reconnaît ou non. C’est un droit que l’on a dès qu’en conscience on se le reconnaît » (M. Conche, p. 97).

    Bien à vous.

    Réponse

  19. Posted by Moliere on 19 août 2013 at 14:41

    Un extrait des Souffrances du jeune Werther (Goethe), où la maladie physique mortelle est comparée à la maladie de l’esprit:

    « Voyons donc si nous ne pourrons pas nous représenter d’une autre
    manière ce qui doit se passer dans l’âme d’un homme qui
    se détermine à rejeter le fardeau de la vie, ce fardeau si
    cher à d’autres : car nous n’avons vraiment le droit de
    juger une chose qu’autant que nous la comprenons.
    « La nature humaine a ses bornes, continuai-je ; elle
    peut jusqu’à un certain point supporter la joie, la peine, la
    douleur ; ce point passé, elle succombe. La question n’est
    donc pas de savoir si un homme est faible ou s’il est fort,
    mais s’il peut soutenir le poids de ses souffrances, qu’elles
    soient morales ou physiques ; et je trouve aussi étonnant
    que l’on nomme lâche le malheureux qui se prive de la vie
    que si l’on donnait ce nom au malade qui succombe à une
    fièvre maligne.
    — Voilà un étrange paradoxe ! s’écria Albert. — Cela
    est plus vrai que vous ne croyez, répondis-je. Vous
    conviendrez que nous qualifions de maladie mortelle celle
    qui attaque le corps avec tant de violence que les forces de
    la nature sont en partie détruites, en partie affaiblies, en
    sorte qu’aucune crise salutaire ne peut plus rétablir le
    cours ordinaire de la vie.
    « Eh bien ! mon ami, appliquons ceci à l’esprit.
    Regardez l’homme dans sa faiblesse ; voyez comme des
    impressions agissent sur lui, comme des idées se fixent en
    lui, jusqu’à ce qu’enfin la passion toujours croissante le
    prive de toute force de volonté, et le perde.
    « Et vainement un homme raisonnable et de sang froid,
    qui contemplera l’état de ce malheureux, lui
    donnera-t-il de beaux conseils ; il ne lui sera pas plus utile
    que l’homme sain ne l’est au malade, à qui il ne saurait
    communiquer la moindre partie de ses forces. »

    Moliere

    Réponse

  20. Posted by PETIT on 7 septembre 2017 at 11:14

    Citation de Molière (ci dessus) que j’approuve :  » Nous représenter d’une autre manière ce qui doit se passer dans l’âme d’un homme qui se détermine à rejeter le fardeau de la vie  » ..
    Je remercie Molière d’enfin poser cette approche .. Je suis pour la morale , sous certaines réserves tels certains tabous édictés par l’homme ou groupe d’hommes soit disant bien pensants qui ont modifié par exemple les droits religieux et pratiques vis a vis de peuples .. tels les Espagnols , catholiques par excés dirais je et les Mayas , je n’oublie pas nos jésuites de part le monde , encore moins « l’inquisition » en France « abominablement » absurde » . Mêler Dieu a tout cela m’apparait surréaliste !!! La morale presque autant !! ..
    Cela me rappelle un adage :
    ** je n’ai pas demandé à naitre , je n’ai pas demandé a mourir .. Aussi soyez assez aimable pour me laisser vivre .. comme je l’entends .. ** .. J’ajouterai :  » et abréger une existence qui ne ME satisfait pas , pour x raisons personnelles « . … Sous réserves évidentes de ne pas abandonner nos familles dans le besoin .. Encore que . Il suffit de comprendre les suicides quotidiens de nos agriculteurs , poussés par la mondialisation .. et les banques .. De quels droits philosophiques , encore plus divin ou moral .. disposez vous pour me donner tort , allez donc l’expliquer dans nos campagnes ?
    Merci pour ce débat , Jean Paul P / Montpellier

    Réponse

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