Articles Tagués ‘connaissance’

Pensée du 14 décembre 09

« Je jugeai que je pouvais prendre pour règle générale, que les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement, sont toutes vraies ; mais qu’il y a seulement quelque difficulté à bien remarquer quelles sont celles que nous concevons distinctement.»

René DESCARTES, Discours de la méthode

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GRILLE DE LECTURE

Par sa clarté, l’acte réflexif du « cogito » livre à Descartes la certitude qui justifie le doute qui le précède et fonde les découvertes qui suivent. Ayant abouti à cela, Descartes “jugea qu’il pouvait prendre pour règle générale que ce que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies.” Dans ses Principes de Philosophie, Descartes entend par idées claires et distinctes celles qui sont présentes et manifestes à l’esprit, et celles qui sont si précises qu’elles se qu’elles se distinguent nettement des autres.  C’est ainsi que doit être toute connaissance sur laquelle doit se porter un jugement indubitable.

La pensée des « idées claires et distinctes  est le propre de la raison. Tout ce que nous concevons à la lumière de la raison se veut clair et distinct, donc vrai. Tant que nous discernerons les choses clairement et distinctement, nous nous ne prendrons pas le faux pour le vrai.  Dans son Discours de la méthode, Descartes observe tout de même un écueil, il se rend bien compte qu’il y a quelque difficulté à bien remarquer quelles sont les idées que nous concevons clairement et distinctement. Comme s’il disait qu’il y a quelque difficulté à bien juger et à bien user de notre raison, de notre faculté de discernement. La difficulté réside dans la manière de considérer les choses, car il est difficile de considérer les choses comme il faut.

A la suite de la règle de l’évidence, Descartes se mit à réfléchir sur le fait qu’il doute. “En suite de quoi, faisant réflexion sur ce que je doutais.” Le doute nous est présenté comme une étape essentielle du parcours de Descartes. Il est même l’étape initiale de la recherche de Descartes. Pour s’assurer de la solidité de ses connaissances, il lui a fallu trouver une bonne fois pour toutes un fondement inébranlable à partir duquel il pouvait déduire tout le reste. Ainsi peut-on dire que la méthode cartésienne commence en réalité par la mise en doute systématique de toutes les connaissances qui nous semblent évidentes.

Le doute, c’est la mise en question et la réfutation volontaire et méthodique des connaissances. Il délivre de toutes sortes de préjugés ou de connaissances tâchées de germes obscurs. Il nous prépare le chemin pour accoutumer notre esprit à se détacher des sens et à s’élever à la certitude métaphysique, lieu de rencontre avec Dieu. Pour parvenir à la certitude du « cogito », Descartes s’est donc mis à douter de son savoir. Mais la nouveauté ici, c’est que Descartes fait réflexion sur le fait qu’il doute. Ce retour sur lui-même permet à Descartes de savoir qu’il n’était « pas tout parfait ». Il lui apparaît en pleine lumière que « c’était une plus grande perfection de connaître que de douter ».

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 13 décembre

L’academos

Sommaire

Pensée du 09 décembre 09

« Le jugement est le médiateur universel de la connaissance. »

JEAN GRANIER, Art et vérité

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GRILLE DE LECTURE

Supposons que j’énonce la question suivante : qu’est-ce que la connaissance ? Nous serons tentés de dire que la connaissance est l’acte de connaître. Connaître en effet, nous inscrit dans un statut épistémique où l’on réussit à saisir l’ultime individualité de l’individuel. Autrement dit, la connaissance est l’acte par lequel l’on réussit à rendre compte aux autres et à  soi, de ce qui fait l’essence ou la quiddité des choses. De cette réponse, je puis au moins déduire que la connaissance est à mis chemin lorsqu’elle porte son regard sur l’apparence ou les hypothèses. Sans aucun risque d’erreur, nous pouvons admettre que l’on ne connaît véritablement que lorsqu’on se situe à la jointure des choses après s’être départi de la multiplicité et des apparences.

Dès lors, si la connaissance consiste en une communion à l’essence des choses, il nous faudra par voie de conséquence admettre que pour connaître, il importe de mener un discernement, mieux un jugement capable de nous élever aux principes c’est-à-dire à ce sans quoi la chose perdrait sa choséité. Du coup, le jugement se pose comme le vecteur grâce auquel la connaissance aboutit à son achèvement. Mais en fait que signifie le jugement ? La réponse à cette question semble se dessiner dans la mondanéité du Dasein.

En effet, Dans le quotidien factuel de celui-ci, il lui arrive d’être un être fasciné, un être pris dans le monde, un être capté par le monde. Tout se passe comme s’il était pris dans l’étau de la multiplicité des choses. Pourtant dans le processus de la connaissance, il s’efforce de repousser cette oppression pour ensuite dans un acte de recueillement se retrouver avec l’essence des choses. Un tel mouvement est ce qu’il convient de nommer jugement.

En un mot comme en mille, le jugement est l’acte par lequel l’esprit se recueille. Par l’outil du jugement nous nous retirons du monde. Un retrait qui en réalité est un retour au monde de l’apparaître afin de réfléchir sur le particulier que celui-ci renferme. Porter donc par la raison dont chacun est pourvu, il se présente ainsi comme le médium universel de la connaissance puisque le jugement est inséparable de l’intelligence d’une signification[1].

Elvis-Aubin Klaourou

Pensée du 08 décembre

L’academos

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[1] Karl Jaspers, Initiation à la méthode philosophique, trad. Laurent Jospin, 1966, Paris, Ed. Payot & rivages, 1970, p. 77.

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